Alep

130 000 civils ont fui Alep depuis le 15 novembre, 10 000 les ont suivis ces dernières 48 heures, nombre d'entre eux vivent encore sous les bombes. Cette guerre ne connaît pas de limites : assassinats de sang froid de familles entières, exécutions sommaires, bombardement d'hôpitaux, personnes brûlées vives dans leur maison, attaques chimiques … D'aucuns nous opposeront que la guerre ne connaît pas de lois, que nous serions bien naïfs de vouloir brandir le droit international, le droit humanitaire, et même d'espérer un règlement pacifique du conflit, une solution diplomatique et politique. Mais nous devons être à la hauteur de nos valeurs, de ces générations de femmes et d'hommes qui, patiemment, ont trouvé le chemin de la paix et de la liberté. C'est cela la France, c'est cela l'Europe : l'aboutissement d'une utopie naît dans les profondeurs du désespoir ! Notre histoire nous impose de porter plus haut les droits de l'homme, d'être toujours du côté de ceux qui souffrent.

 

Certains, sous prétexte de réalisme politique, ou par aveuglement, nous laisseraient croire que la tournure des événements serait souhaitable. Face à DAECH, il y aurait Bachar El-assad, peu importe les crimes et les victimes. Ce serait le seul moyen d'assurer notre sécurité. Cette position cynique est inacceptable. Elle fait de la France et de l'Europe les marionnettes du Kremlin. Elle prend acte de cette stratégie qui a consisté à détruire toute alternative entre le régime El-assad et DAECH. Elle cautionne la méthode Poutine, celle qui prend pour cible les combattants autant que les civils. Plus encore, c'est oublier un peu vite que le régime syrien est également allié à des groupes islamistes. En effet, le jeu des alliances est complexe ! La seule voie souhaitable et raisonnable pour notre avenir à tous, européens et syriens, c'est de reprendre les négociations.

 

C'est le sens de l'action menée par le gouvernement depuis des mois : mettre un terme à ce conflit aux 300 000 victimes. C'est à l'émergence d'un monde pacifié, aux instances internationales fonctionnelles, que nous devons travailler, un monde où la liberté s'impose à tous, comme elle s'impose ici à nous.