Fermes usines, la loi doit changer !

Depuis plus de deux ans, un projet de ferme-usine d'engraissement de 1200 taurillons est à l'étude à Coussay-les-Bois. Cette après-midi, élus locaux et associations se rassemblent à Poitiers, à leurs côtés je dénonce ce projet.

 

Je dénonce, je m'oppose, mais je propose ! La législation doit changer, elle doit prendre le parti d'un modèle agricole cohérent.

 

Construire l'agriculture de demain, c'est se poser la question du maintien de l'emploi, de la préservation de l'environnement, des circuits courts. Mais ce qui est proposé ici, c'est une agriculture productiviste aux débouchés fluctuants et à la rentabilité douteuse avec un impact important tant sur le plan social qu'environnemental. L'installation de panneaux solaires et d'un méthaniseur ne fait pas pour autant de cette ferme un projet de développement durable ! 

 

Quels impacts sur l'environnement ? L'implantation se fera sur une ZNIEFF1 ! Nombre de spécialistes s'inquiètent de l'impact sur la faune. La concentration animale et la production potentielle importante de jus de fumier risquent aussi d'impacter la nappe phréatique qui approvisionne en eau potable les trois communes environnantes.

Il est bien question ici de cette agriculture qui ambitionne la conquête des marchés internationaux. Toujours plus de productivité, toujours plus de compétitivité, toujours moins d'emplois ! C'est ce modèle, qui part cette concurrence acharnée et la fluctuation des marchés, ruine les paysans, désertifie nos campagnes. Plus encore, est-ce qu'il s'agit ici de nourrir les hommes ou de produire de l'énergie ? Vous l'aurez compris, au-delà des discussions de spécialistes sur les risques environnementaux, sur l'impact spécifique de cette nouvelle structure agricole, il y a un choix à faire, un débat sur le type d'agriculture que nous voulons. C'est un combat militant qui fait le constat des lacunes réglementaires. En tant que élue, j'appelle l'ensemble des candidats aux prochaines élections présidentielles à prendre l'engagement de modifier le cadre législatif actuel.

 

En effet, nous devons faire un choix définitif, nous engager pleinement pour cette agriculture de demain, sortir des incohérences, aller plus loin !

 

• Incohérence lorsque nous accueillons la COP 21, le Ministère de l'agriculture décerne des prix pour les fermes engagées sur la voie de l'agro-écologie, nous parlons de circuits courts, mais des projets anti- écolo se développent un peu partout.

• Incohérence quand nous votons le 15 février 2015 une loi visant à donner un statut juridique à l’animal mais que nous laissons se développer des usines concentrationnaires.

• Incohérence, lorsque, toujours plus nombreux, les responsables politiques s'attachent à défendre une alimentation de qualité, mais qu'ils restent silencieux face à la prolifération des usines à malbouffe.

• Incohérence au moment où nous peinons à mettre en place des mécanismes de lutte contre le chômage efficients mais que nous permettons à des entreprises qui ne créent pas d'emploi et dont le but premier est l'exportation de s'installer sur notre territoire!

 

Je demande donc aujourd'hui à ce que les règles de construction des bâtiments agricoles destinés à l'élevage intensif soient inscrites dans la loi.

 

Les installations qui vont voir le jour doivent connaitre des restrictions quant à leur taille : nous avons la ferme-usine des 1,2 million de volailles (Pamproux), des 1000 vaches (Abbeville) ou encore des 120 000 agneaux (Rullac-saint- Cirq)... Et demain ? Jusqu'où va aller cette folie des grandeurs, destructrice sur tous les plans ?

 

Les exécutifs locaux des communes sur lesquelles des projets de ferme-usine sont à l'étude doivent être également mieux associés aux discussions et faire entendre leur voix et celles de leurs administrés. Je trouve incroyable que ceux qui ont été élus par les citoyens ne soient pas aujourd'hui consultés sur des projets qui vont pourtant modifier durablement leur territoire.

Je lance donc aujourd'hui un appel à toutes et tous : citoyens, militants, élus, responsables publiques, médias, ONG.... Bref, tous ceux qui sont prêts à nous aider sur le terrain ou à relayer notre action.

C'est aujourd'hui le Nord Vienne qui est touché par la folie de ces fermes- usines, mais demain, si nous restons immobiles, c'est notre agriculture et nos façons de vivre qui vont être bouleversées : Ne lâchons rien !

 

1 ZNIEFF:Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique