Ferme-usine des 1 200 taurillons : c’est de la schizophrénie !                                        Vers une nouvelle ferme des 1000 vaches en Nord Vienne ?

Depuis 2015, un projet de ferme-usine d’engraissement de 1200 taurillons est à l’étude à Coussay-les-bois, commune du Nord Vienne dont Véronique Massonneau est la députée. Alors que l’opposition à ce projet grandit chaque jour, la Préfète de la Vienne a donné le 2 août 2016 son accord pour l’exploitation de cette ferme-usine.

Véronique Massonneau prend acte de cette décision mais soutient l’opposition à ce projet et demande à ce qu’un débat national sur le modèle agricole français voit le jour au plus vite.

La députée du Nord Vienne déclare: « Ce projet de ferme-usine de 1200 taurillons personne n’en veut ! Il est critiqué à la fois par les associations de défense de l’environnement et de la condition animale mais également par la population ».

Cette exploitation est à l’image de l’élevage intensif que le lobby agroalimentaire cherche à imposer sur notre territoire. Au-delà de ce projet, le débat sur le système agricole de demain doit être posé clairement et débattu sereinement.

Véronique Massonneau déclare: « cette ferme-usine, comme celle des 1000 vaches, c’est de la schizophrénie, ni plus ni moins :

·     nous votons le 15 février 2015 une loi visant à donner un statut juridique à l’animal mais nous laissons se développer des usines concentrationnaires,

·      nous parlons des circuits courts et des petits producteurs locaux et nous voyons fleurir des usines à bétail dont la majorité de la viande est destinée à l’exportation,

·        nous prônons l’agro-écologie et les exploitations à taille humaine mais c’est le contraire qui est mis en place !»

 

Véronique Massonneau s’interroge donc sur la cohérence des choix politiques locaux et nationaux et déplore que la parole publique ne soit pas toujours en adéquation avec les réalités quotidiennes et les projets actuellement à l’étude dans le monde agricole.

« Je demande donc aujourd’hui que les associations de défense de l’environnement soient entendues, que la population qui s’inquiète de plus en plus pour la qualité du contenu de son assiette soit écoutée et que les exécutifs locaux puissent peser dans ces décisions.

Il n’est pas normal que sur ces projets les maires des communes qui voient fleurir ces fermes-usines n’aient aucune liberté d’actions et que la population soit privée de son droit de parole ! »

La députée du Nord Vienne rappelle qu’aujourd’hui une pétition en ligne a été signée par plus de 16 000 personnes alors que la commune de Coussay-les-Bois ne compte que 950 habitants. C’est pour elle la preuve que le sujet est aujourd’hui un véritable problème de société et que les interrogations sur la viabilité de ces installations dépassent les frontières des communes concernées.

« Je veux que ceux qui demain vont subir l’installation d’une telle usine puissent se faire entendre. Au-delà du cas de Coussay-les-Bois, je demande à ce que la question de ces fermes- usines soit posée au niveau national et que chacun ait droit au même niveau d’information et à la même liberté de parole ».

Véronique Massonneau se bat localement contre ce projet depuis son annonce. Elle considère cependant que le sujet, stéréotype de l’élevage intensif, doit être l’occasion de porter le débat au niveau national.

« Chaque jour un quotidien national nous alerte sur ce type d’agriculture. Il y a deux semaines Le Monde a publié un article et une vidéo franchement abominable sur les conditions de transport de ces animaux destinés aux fermes-usines, et nous continuons ? Stop à la schizophrénie ! »

Véronique Massonneau a informé la population et les associations locales qu’elle continuerait à se battre à leurs côtés pour que la voix de chacune et de chacun soit entendue.

Elle a également fait savoir que la question de l’élevage intensif devrait être inscrite à l’agenda politique dès le mois de septembre. A l’image de ce qui se fait aujourd’hui en Allemagne, la députée attend notamment que soient mises au débat de nouvelles dispositions sur la construction des bâtiments destinés à abriter les animaux.

Historique du projet

Il s’agit de la création d’un atelier d’engraissement de 1200 taurillons sur la commune de Coussay-les-Bois (950 habitants), en bordure d’une zone naturelle protégée (ZNIEF) et référencée par la LPO.

Située sur une zone humide à la verticale d’une nappe phréatique de surface (profonde d’environ 5 m) qui alimente en eau potable les foyers des communes de Coussay-les-Bois, Mairé et Lésigny.

Cette ferme-usine menace donc à la fois la biodiversité des territoires environnants mais également la qualité de l’eau potable des communes voisines.

Le projet, qui nécessite deux permis de construire, est porté à la fois par un industriel de l’énergie, « Technique Solaire » et par un industriel de l’agriculture, la SCEA « Les Nauds ».

                                                           

Scandalisés par ce projet, les habitants des communes environnantes se sont constitués en association (ASPECT). Leurs revendications portent à la fois sur les conséquences environnementales et sanitaires du projet ainsi que sur le traitement des taurillons destinés à l’engraissement.

Véronique Massonneau, députée du Nord Vienne, soutient cette opposition depuis sa création et fait aujourd’hui le choix de donner une plus grande visibilité médiatique aux opposants  pour que chacune et chacun soit entendu et écouté.

 

Chronologie du projet

18 décembre 2014 Dépôt du permis de construire par de la ferme-usine par l’entreprise « Technique Solaire ».

03 avril 2015 Première Réunion publique organisée par l’association « ASPECT ». D'autres réunions publiques suivront régulièrement.

23 avril 2015 Dépôt du deuxième permis de construire par la SCEA « Les Nauds ».

29 avril 2015 avis défavorable de M. Favreau, Maire de la commune de Coussay-les-Bois, concernant le permis de construire.

26 mai 2015  Signature du permis de construire déposé par « Technique Solaire » par le Sous-Préfet de Châtellerault.

22 juillet 2015 Signature du permis de construire déposé par la SCEA « Les Nauds » par le Sous-Préfet de Montmorillon.

23 septembre 2015 Maitre Frison (cabinet d'avocat Frison à Amiens) dépose à la demande du Maire les recours contre les permis de construire au tribunal administratif.

24 novembre 2015 Réunion au Ministère de l’écologique à l’initiative de Véronique Massonneau en présence des représentants et du président de l'association ASPECT, du Maire de Coussay-les-Bois et du président de la communauté de commune du Vals de Gartempe et Creuse

19 décembre 2015 Nouvel avis défavorable de M. Favreau, Maire de la commune  de Coussay-les-Bois.

4 janvier- 5 février 2016 Enquête publique. Les conseils municipaux de toutes les communes concernées émettent un avis défavorable au projet.

16 janvier 2016 Manifestation des opposants à Coussay-les-bois en présence de la Députée Véronique Massonneau, du Conseiller régional Cyril Cibert et de nombreux élus locaux.

21 mars 2016 Publication de l’avis du commissaire-enquêteur.

28 juin 2016 Création du collectif associatif.

07 Juillet 2016 Avis favorable à une courte majorité du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et technologiques (CODERST).

2 août 2016 Avis favorable de la Préfète concernant l'autorisation d’exploiter.