Avenir de notre système de soins : à des considérations financières privilégions des exigences sociales !

Merci...

Nous discutons aujourd’hui de la proposition de loi de notre collègue Jean-Pierre Door qui se veut préparer « l’avenir » de notre système de soins.

 

La santé est aujourd’hui au coeur de notre pacte républicain. L’assurance-maladie, mise en place en 1945, est l’un des piliers de notre démocratie sociale et les Français expriment fréquemment leur attachement à un système solidaire, égalitaire et de qualité.

 

Le rapport au monde de la santé a connu des modifications profondes à mesure que les patients, autrefois passifs face à la maladie, se sont progressivement métamorphosés en usagers et acteurs de leur parcours de soins.

 

 

Cette modification historique nécessite, et en cela je suis d’accord avec l’analyse de Jean-Pierre Door, que notre système de santé soit capable de se moderniser chaque jour pour répondre aux évolutions de la demande de soins et aux progrès médicaux.

Cependant, vous faites le constat que notre système n’est aujourd’hui pas à la hauteur des enjeux de demain, qu’il n’est pas prêt à affronter et relever les défis qui se présentent à lui et vous défendez à ce titre cette proposition de loi pour remédier à ces soi-disant carences.

 

Vous mettez en avant l’argument que la loi santé de Marisol Touraine s’est attachée à démanteler de manière minutieuse les fondements historiques de l’organisation de notre système de santé, tout en omettant de traiter les principaux dysfonctionnements.

Sévère constat pour une loi qui se veut moderniser le système actuel !

 

Oui, notre système de santé a de l’avenir ! Oui, notre système est prêt à relever les défis de demain ! Oui, notre système de santé est en mesure de répondre aux attentes des patients et à celles des professionnels du secteur. Mais l’avenir, Monsieur le Député n’est pas, dans la suppression de la généralisation du tiers payant !

 

L’avenir n’est pas dans la déconstruction point par point de ce que nous avons mis en place durant ce quinquennat.

 

L’avenir n’est pas non plus, comme le proposent les « multiples » candidats à la primaire de la droite, dans la suppression des postes de fonctionnaires, suppression qui impacterait en premier lieu le secteur de la santé.

 

La gravité et l’importance de la question de la santé exige de notre part la recherche du consensus.

 

Le cadre de ce débat doit être posé sereinement pour que l’intérêt général puisse transcender les intérêts particuliers.

 

La santé est, nous en avons un nouvel exemple aujourd’hui, un point de clivage entre gauche et droite et constitue une vraie différence entre nos deux visions de la société.

 

Pour compenser la réduction des déficits, vous proposez le recours aux franchises médicales et le déremboursement tandis que nous proposons la généralisation du tiers payant.

 

Vous proposez de remettre en cause les conditions de la participation des établissements de santé privés au service public hospitalier tandis que nous proposons une universalisation des règles du service public aux établissements privés pour garantir à tous le même niveau de soin en terme de qualité et de coût.

 

Pour synthétiser, vous proposer que les plus riches bénéficient d’un accès privilégié à notre système de santé et vous laissez aux plus pauvres l’éventualité, s’ils en ont les moyens, de se soigner comme ils le peuvent ajoutant ipso facto de la misère sanitaire à la misère sociale.

 

Vous l‘aurez donc compris, si je partage avec le député Jean-Pierre Door la conviction selon laquelle notre système de santé se doit d’être efficace et en mesure d’accompagner les évolutions de notre société, je suis en revanche en total désaccord avec les solutions, mais également avec la méthode proposée.

 

- Avec les solutions, car je considère que le seul axe qui doit guider notre action est la volonté de réduire les inégalités en matière d’accès aux soins or ce n’est pas, selon moi, la philosophie de cette proposition de loi.

 

- Avec la méthode, ensuite, car le débat est trop important pour que nous puissions, comme c’est d’ailleurs le cas dans la première partie de votre rapport, simplifier la question pour là réduire à des mesures et des postures de principes qui n’ont pour seul objectif que d’instrumentaliser les opposions entre la gauche et la droite.

 

L’enjeu pour la femme de gauche que je suis est donc double: réduire les inégalités & permettre à chacun, aisé comme plus modeste, de se soigner dignement et avec le même niveau de qualité. À vos considérations financières, je privilégie donc des exigences sociales.

 

 

Je vous remercie