Lutte contre l'homophobie : J'interroge le Ministre de la justice

Aujourd'hui se déroule la journée mondiale contre l'homophobie.

Je voudrais vous interroger sur un phénomène qui nous concerne, ici, comme il contribue à répandre la haine au-delà des frontières.  

Je veux parler de l'absence de régulation effective de certains réseaux sociaux, sur lesquels des messages dégradants, des appels à la violence et au meurtre, sont diffusés sans réaction efficace des gestionnaires.

Il s'agit là d'un des vecteurs principaux de la parole homophobe, mais pas seulement : racisme, antisémitisme, sexisme y trouvent un canal de diffusion trop souvent complaisant.  

Des associations ont d’ailleurs récemment saisi la justice pour rappeler les gestionnaires de sites à leurs responsabilités.

Mais cela sera-t-il suffisant ?  

Quand plus des trois quarts des signalements sur Twitter sont sans suite, quand des messages insupportables et contraires à nos lois et à toute valeur humaniste sont considérés par Facebook comme "non contraires à leur politique de modération", quand des montages dégradants de femmes politiques signalés à Twitter se voient juste requalifiés en "images risquant de heurter", mais demeurent accessibles, comment est-il possible de prétendre lutter contre homophobie, racisme et sexisme avec efficacité ?

Pouvez-vous donc non seulement nous rappeler les dispositifs nationaux existants pour poursuivre les auteurs de ces messages sur les réseaux sociaux, mais également nous indiquer quelles initiatives sont prises ou seront prises pour rappeler les gestionnaires, quelle que soit la protection que leur apporte leur domiciliation à l'étranger, à leurs responsabilités ?

La liberté indéniable apportée par les réseaux sociaux, par ailleurs source de profits pour leurs propriétaires, serait un leurre si elle ne s’accompagnait pas de la responsabilité des gestionnaires face à la diffusion sans discernement d’incitations à la haine et à la violence.

Retrouvez mon intervention en vidéo ci-dessous