Mon engagement en faveur d'une région à gauche

 

L'avenir de nos politiques régionales se joue ce week-end. Je vous invite à découvrir mon intervention de jeudi soir prononcée lors de la réunion publique de la liste du rassemblement :

 

 

Chers amis,

  

Depuis dimanche, on entend des chiffres, des pourcentages. On entend madame Calmels se livrer à des calculs d'apothicaire. On la voit tenter de séduire l'électorat du Front national. Certains l'ont trouvée à ce sujet maladroite : on la découvre surtout, malgré les apparences, très à droite...

Pour tout vous dire, j’en ai assez d’entendre en permanence la candidate de droite ressasser son couplet démagogique contre les «  professionnels de la politique  », et nous rappeler en permanence qu’elle est «  issue de l’entreprise  ».

 

Parce que les candidats aux élections régionales réunis ici représentent autant qu’elle la société et sont autant qu’elle – et pas avec les mêmes moyens – immergés dans la vraie vie, et au contact de nos territoires.

 

 

La politique, je n’en avais jamais vécu avant d'exercer le mandat que m'ont confié les électeurs en 2012 et auquel je me consacre pleinement. 

J'ai tendance à dire que trop souvent le discours politique simplifie à l'extrême quand il se contente de slogans creux, ou complexifie inutilement quand il se veut stratégique avec des jeux de billards à multiples bandes.

 

Alors j’ai envie de vous parler de l’essentiel  : et l’essentiel, c’est la région, ce sont ses compétences, ses politiques.

Et on ne peut pas vouloir plus d’action, plus d’efficacité, plus d’écologie au plan national si on ne se donne pas les moyens de les concrétiser au plan local. 

 

On se félicite à juste raison de l'adoption de la loi de transition énergétique. Mais cette révolution utile aux Français ne sera rien si on ne se préoccupe pas de QUI la traduira dans nos vies. Qui sera concrètement en charge de l'accompagnement dans leur développement   des nouvelles filières industrielles en matière d'énergies renouvelables. Qui sera concrètement en charge des réseaux transports propres, du soutien à la production automobile décarbonée. Et ce QUI, c'est le conseil régional.

 

Depuis 2012, je vote à l’Assemblée des budgets qui permettent, après la régression des années Sarkozy, des créations de postes d'enseignants. Mais comment pourrait-on dans le même temps se désintéresser de qui gère les lycées, de qui en assure le développement harmonieux sur le territoire. Et ce qui, c'est la Region.

 

En adoptant la loi santé, la France prend à bras le corps la question des déserts médicaux et de l'accès à tous à la santé. Mais qui est en charge concrètement de l'aménagement de nos territoires, des transports locaux, du soutien à la coordination des acteurs de la santé  ? Oui, qui  ? C’est la Region.

 

Parce qu'il ne servirait à rien de se battre pour réorienter les aides à l'agriculture, pour promouvoir une alimentation plus saine et plus éthique par le développement des circuits courts, par le soutien à l'agriculture bio et responsable comme nous le faisons notamment avec ma collègue Brigitte Allain, si on laisse faire, dans les régions qui jouent un rôle essentiel sur ces sujets, des gens qui n'ont rien à redire aux fermes usines destructrices de l'élevage de proximité et néfastes à l'environnement.

 

Bref, il ne servirait à rien de dire "je passe mon tour à cette élection régionale, je reste chez moi parce que je voudrais une politique plus écologique ou plus sociale", si on ne s'assure pas par son vote que les mesures écologiques et sociales sont bien concrétisées sur le terrain grâce aux politiques régionales.

 

Soyons cohérents : les temps sont difficiles et cela prend du temps de mettre en oeuvre les réformes. Il y a des impatiences, des frustrations, de la colère parfois parce que les résultats tardent ou que les processus paraissent interminables face à l'urgence des enjeux. Mais pour le faire il faut de la cohérence et de l'opiniâtreté.

 

Et on en oublie parfois l'essentiel.

 

Ce qui se joue dimanche ici, ce n'est pas l'élection présidentielle à laquelle l'égérie des candidats du FN pense en permanence, ni la primaire des républicains à laquelle certains se préparent à Bordeaux.

 

Ce qui se joue, c'est le développement économique, c'est la politique énergétique, c'est l'avenir des jeunes par l'apprentissage et les lycées, c'est notre modèle alimentaire.

 

C'est là l'essentiel et il y faut de la cohérence : je ne joue pas les réformistes à Paris et les révolutionnaires a Poitiers. Pas plus que je ne trouverai judicieux d'être pragmatique à Poitiers pour refuser la responsabilité à Paris.

 

Face à une extrême droite qui ne porte que des chimères et une droite que des ambitions, il faut l'unité de la gauche et des écologistes. Une unité dans le combat, comme ce soir. Une unité dans l'action, comme ce fut le cas dans les conseils régionaux sortants et demain, dans la grande Region, avec Françoise Coutant et Alain Rousset.