Commémoration de l'armistice de 1918 à Ceaux-en-Loudun et 50e anniversaire de l'Union Nationale des Combattants

Plantation d'un arbre de la paix avec M. le Maire, Henri VILLAIN
Plantation d'un arbre de la paix avec M. le Maire, Henri VILLAIN

 

Vendredi soir, notre pays a été victime de crimes terroristes, des actes barbares qui ont emporté 129 de nos concitoyens et fait de nombreux blessés. Je tiens à adresser toute ma solidarité et mon soutien aux familles, aux proches des victimes, ainsi qu'à ceux qui devront apprendre à vivre avec ce traumatisme.

Les commémorations de l'armistice auxquelles je participais à Ceaux en Loudun ce dimanche ont bien évidemment été marquées par cette actualité douloureuse qui a endeuillé l'ensemble de notre pays. Un moment de mémoire et de recueillement, l'occasion de faire vivre l'unité nationale fondée sur nos valeurs : Liberté, égalité, fraternité. 

Retrouvez ci-dessous le discours que j' ai prononcé à cette occasion :

Mon discours :

 

Que commémorons-nous le 11 novembre ? 

 

Chacun a bien sûr à l'esprit l'armistice de cette guerre terrible, la première guerre mondiale, et chacun de nous conserve le souvenir de ces hommes que nous avons côtoyés, tous aujourd'hui disparus, qui avaient vécu et survécu aux tranchées, aux gaz, a la cruauté de combats indicibles.

 

Oui, nous avons en mémoire ces poilus qui durent quitter leur village, nos villages, et qui en sont revenus marqués à jamais. Et en pensant à eux, qui furent nos grands pères ou nos arrières grands pères que nous avons connus, nous pensons également à leurs camarades dont le souvenir les hantait tant, a ces hommes qui, eux, ne sont jamais revenus, dont nous lisons les noms sur nos monuments aux morts, qui sont tombés, fauchés en pleine jeunesse. 

 

Oui, aujourd'hui bien sûr, à quelques jours du 11 novembre, nous pensons à cette guerre de 14 et à ses combattants.

 

Mais depuis 2012, de par la loi, le 11 novembre célèbre également tous ceux qui sont tombés pour la France dans un conflit armé. 

Certains des survivants de ces conflits sont ici. 

 

Je veux leur dire, je veux vous dire, le respect et la reconnaissance qui sont les miens. Que vous ayez eu à combattre pendant la seconde guerre mondiale, dans ce qu'il est convenu d'appeler les conflits coloniaux, ou dans des opérations sur des terrains étrangers lors de conflits régionaux dans le cadre de coalitions internationales,  nous vous devons ce respect et cette reconnaissance, parce que vous avez répondu à l'appel de votre pays, parce que vous y avez tant laissé, tant sacrifié : des camarades, une partie de votre jeunesse, et souvent l'insouciance qui caractérise la vie de ceux qui n'ont jamais connu que la paix. 

 

Cette insouciance que nous croyions acquise, et qui n'est plus de mise, car depuis plusieurs mois, des fanatiques ont déclaré la guerre à notre pays.

Et en janvier dernier, et vendredi, à Paris, ils ont frappé.

 

Les morts des attentats ne sont pas tous tombés au service de la France - même si nous devons associer à la mémoire des morts pour la France les représentants des forces de l'ordre assassinés lâchement en janvier dernier.

 

Mais les morts des attentats sont tombés parce qu'ils partageaient, qu'ils vivaient les valeurs de la France. Et parce qu'ils goûtaient à cette insouciance dont je parlais à l'instant.

 

Ces valeurs et cette insouciance, les barbares ne les supportent pas. Parce qu'elles symbolisent la liberté : la liberté de croire ou pas, la liberté de choisir sa vie, la liberté de penser.

 

Cette liberté pour laquelle les combattants dont nous célébrons la mémoire le 11 novembre se sont battus. 

 

Lorsqu'on parle avec les survivants de ces combats, ce qui me frappe c'est qu'ils ne cachent pas que, malgré la bravoure dont ils ont fait preuve, ils ont si souvent ressenti la peur.

 

Et aujourd'hui, quand nous évoquons ces attentats parisiens, il  ne sert à rien de dire que nous ne devons pas avoir peur : bien entendu, nous avons peur. C'est un sentiment qu'on ne peut pas effacer par la simple volonté.

 

Nous devons donc apprendre à vivre avec la peur, et à ne pas la laisser nous submerger.

 

Nous ne pouvons rien contre la peur, mais nous pouvons une chose qui ne dépend que de nous : nous pouvons rester unis.

 

Cette unité, c'est précisément ce que les terroristes veulent détruire.

 

Ils veulent nous voir céder à la haine, ils veulent que nous cessions de réfléchir, ils veulent nous voir abandonner nos valeurs. 

Ne leur offrons pas cette victoire. 

Résistons à ces sentiments. 

Cultivons ce qui nous unit - l'émotion commune qui nous étreint en ces moments si douloureux, la mémoire de ceux que nous célébrons aujourd'hui.

 

Soyons unis face au passé, c'est le sens de la cérémonie d'aujourd'hui.

 

Mais soyons unis face au présent, et unis, aussi, en pensant à l'avenir. Parce qu'au delà des différences culturelles, politiques, sociales qui nous distinguent, il est une chose qui nous rassemble : toutes et tous, nous aimons la république, toutes et tous, nous aimons la France.

Plantation avec Monsieur le Maire et Pierre Lantier
Plantation avec Monsieur le Maire et Pierre Lantier