Pourquoi j'ai voté le plan d'aide à la Grèce. 

C'est après de nombreuses heures de négociations entre chefs d’Etats qu'un accord a été trouvé pour restructurer la dette grecque et permettre au pays de rester dans la zone euro. Un accord lourd de conséquences pour l'Etat grec, qui s'engage à appliquer des mesures d'austérité drastiques, mais un accord qui permet au moins d'épargner la sortie de la Grèce de la zone Euro tant redoutée et que nous voulions absolument éviter. 

Le grexit aurait été une catastrophe socio-économique et politique, non seulement pour les Grecs, mais pour l'ensemble des Européens. Il se serait accompagné d’un écroulement immédiat de l'économie grecque.  Il aurait provoqué l’affaiblissement des économies européennes, liées par partenariats commerciaux mais aussi par la détention de la dette grecque. Ce sont les pays européens, Allemagne et France en tête, qui détiennent cette dette, dont le remboursement deviendrait tout simplement impossible avec une sortie de l’euro. Maintenir la Grèce dans l'Europe, ce n’est pas seulement protéger la Grèce, c’est aussi défendre l'intérêt des Français. 

Le France a pris pleinement ses responsabilités face à cette crise, en portant haut la voix du maintien de Grèce dans la zone Euro quand la chancelière allemande soutenue sans nul doute par son peuple, souhaitait sa sortie, au moins temporaire. C'est donc bien un compromis entre les deux visions préalables, défendues par l'Allemagne d'un côté et la France de l'autre qui a été trouvé. Un accord qui prouve que le couple Franco-Allemand est indispensable. Un compromis signifie inévitablement que l'ensemble de l'accord ne peut nous satisfaire. Les mesures imposées à la Grèce sont une preuve de défiance à l'égard des Grecs, une forme de mise sous tutelle de la Troïka qui restreint la souveraineté du peuple grec et fait grandir l’euroscepticisme latent partout en Europe. Ces raisons font bien sûr émerger de nombreuses réserves à l'égard du vote de ce plan d'aide. 

Cependant, sans cet accord, obtenu dans la douleur, l'issue aurait été un effondrement immédiat de l'économie Grecque, comme l'a reconnu lui-même Alexis Tsipras. Si je ne cautionne pas les politiques d'austérité, je ne peux leur préférer la politique du pire qui serait celle du grexit. 

Je soutenais pleinement la semaine dernière ceux – et ils n’étaient pas nombreux parmi les chefs d’Etat européens- qui faisaient du maintien de la Grèce dans l’euro un objectif absolu. Ce résultat est atteint, douloureusement, mais il est là : en responsabilité, je ne saurais m’y opposer.

De plus, en tant que députée du Parlement français, ma responsabilité est de défendre l'intérêt de mes concitoyens, des Françaises et des Français qui m'ont élue. Et je crois qu'il va de l'intérêt des Français que la zone euro demeure préservée.

Pour ces raisons, j'ai choisi avec difficulté mais responsabilité de voter ce plan d'aide à la Grèce. Cela ne signifie pas que les négociations doivent s'arrêter là, une autre politique européenne est encore possible, un vraie Europe solidaire et démocratique, loin des accords entre quelques dirigeants-créanciers qui se tiennent dans l'opacité la plus totale.

Aujourd'hui nous actons juste la poursuite du projet européen.

Demain, quel que soit le choix que les uns et les autres auront fait, ce sont tous les partisans d’une construction européenne renforcée qui se retrouveront trouver une vraie trajectoire politique en faveur, non seulement des économies de chaque pays, mais en faveur surtout des peuples européens. 

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