Colloque "Notre Fin de vie, et si on en parlait dignement ? "

Le 27 novembre prochain, à quelques jours de la restitution du rapport sur la fin de vie de Alain Claeys et Jean Leonetti au Président de la République, Véronique Massonneau organise un grand colloque à l’Assemblée nationale intitulé « Notre fin de vie : et si on en parlait dignement ? »

 

Il sera l’occasion d’envisager les perspectives d’élaboration d’une nouvelle loi pour enfin garantir le droit des patients à décider de leur propre fin de vie, conformément à l’engagement 21 du candidat François Hollande. C’est le sens de la proposition de loi que j’ai déposée en juin et qui pourrait être débattue, je l’espère, dès le mois de janvier prochain.

L’après-midi débutera avec le Président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui nous fera l’honneur de prononcer le discours d’accueil. S’ensuivront quatre tables rondes autour de différentes questions incontournables pour envisager l’aboutissement d’une telle loi, à commencer par l’évaluation du cadre législatif déjà existant.

 

La législation française est-elle adaptée au respect des demandes des malades en fin de vie, frappés d'une maladie non curable, en situation de détresse physique ou psychologique que l'on ne parvient pas à apaiser, et qui demandent que l'on respecte leur ultime liberté : celle de terminer leur vie dignement et qu'on les aide à abréger leurs souffrances ?

 

Cette question, ô combien humaine, et ô combien courante malheureusement, appelle bien souvent des réponses extrêmement caricaturales.

 

Elle ne confronte pas seulement chacun d'entre nous à soi-même, elle réveille des préjugés ou des fantasmes d'ordre collectif.

Elle donne l'occasion à certains groupes de pression de tenter d'imposer à autrui des principes individuels absolument respectables, mais qui ne sauraient, dans une société démocratique et laïque, être érigés en principes à valeur universelle.

Elle donne également lieu à une instrumentalisation politique qui n'a pas sa place sur des sujets aussi intimes et qui touchent à la liberté individuelle des patients - ou futurs patients - que nous sommes toutes et tous.

 

Trop longtemps dominé, pour ne pas dire confisqué, par les médecins, y compris au sein des instances parlementaires, le débat déborde désormais dans la société. Au point que plusieurs candidats à l'élection présidentielle - dont le président élu avec sa proposition 21 - avaient inscrit à leur programme un nouveau texte législatif, qui traiterait de l'aide active à mourir. 

 

Face à des crispations, affaibli par la crise, le pouvoir semble aujourd'hui hésiter, pour ne pas dire reculer.

Et pourtant, pour des centaines de malades, la question demeure d'une cruelle actualité.

Je suis persuadée qu'il est possible, qu'il est indispensable, d'avancer sur la question, et de tenir les engagements pris devant les Français.

 

Cette rencontre a pour but de faire progresser la réflexion, de favoriser la confrontation de points de vue parfois contradictoires ou complémentaires. 

 

Une demi-journée pour dissiper des fantasmes, des mensonges parfois, pour faire le point avec sérénité sur les réponses choisies par un certain nombre de pays qui nous sont proches et la manière dont ces réponses législatives ont été élaborées.

 

Au final, ce sont deux questions essentielles que je voudrais contribuer à faire avancer : non seulement "quelle loi sur la fin de vie", mais également "comment élaborer une loi sur la fin de vie" ?

 

 

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