Commémorations du 11 novembre

Véronique Massonneau a participé aux commémorations du 11 novembre à Targé, Châtellerault (caserne de Laage, cimetière Saint-Jacques, Monument du souvenir) et Thuré, qui co-organisait la cérémonie avec la commune voisine de Scorbé-Clairvaux.

Ces commémorations du centenaire du début de la guerre 14-18 ont attiré de nombreux citoyens de toutes générations autour des monuments, un bel hommage rendu aux soldats morts au front que cette mobilisation citoyenne !

La députée a voulu délivrer un message important à cette occaion : "Confondre patriotisme et nationalisme est un contresens".

Lire le discours

 

Confondre patriotisme et nationalisme est un contresens

 

Les cérémonies du 11 novembre, en cette année 2014, sont, je pense, un peu particulières.

Cette année 2014 marque en effet des commémorations très importantes dans l'histoire de notre pays :

le centenaire de 1914, début de la première guerre mondiale, mais aussi le 70ème anniversaire du débarquement en Normandie, en 1944, qui a sonné dans le sang le début de la fin de la deuxième guerre mondiale.

Nous ne pouvons faire moins, en ce jour anniversaire, que de nous interroger sur ces épisodes qui ont marqué notre histoire mais aussi de questionner notre présent à la lumière de ces faits historiques.

Car, enfin, qu'y a-t-il derrière ces deux dates ? Derrière ces deux conflits qui ont traumatisé l'Europe et le monde ?

En 1914, le déclenchement de la guerre est provoqué par l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Mais les germes de cette guerre qui a fait plus de morts que toutes les guerres antérieures sont profonds et, parmi ceux-ci, le principal est le nationalisme. Un nationalisme exacerbé pendant des années avant le début du conflit, notamment en France et en Allemagne. C'est au nom de ce nationalisme, qui est propagé et entretenu depuis 1870, que va se mener cette guerre horrible.

En 1944, l'Europe et le monde sont à nouveau à feu et à sang. La même cause.

Cette fois, le nationalisme allemand a été érigé en parti politique, mais aussi en modèle social, en hiérarchie des races, en tri des être humains. Les bons et les mauvais. D'abord la méfiance puis le rejet et enfin la persécution et l'élimination.

En France aussi, cette idéologie existe, malgré la Révolution et sa déclaration des droits de l'homme adoptée par l'Assemblée nationale tout juste créée, en 1789.

Pourtant, l'esprit français, l'esprit de 1789, l'esprit de la patrie, c'est le contraire du nationalisme. Cette France de la Révolution qui fera école et fait encore référence, Tocqueville* en parlera ainsi : « elle a formé, au-dessus de toutes les nationalités particulières, une patrie intellectuelle commune dont les hommes de toutes les nations ont pu devenir citoyens ».

Je tenais absolument à vous faire partager ces réflexions. Confondre patriotisme et nationalisme est un contresens, c'est un danger pour notre avenir, nos enfants et petits-enfants qui pourraient un jour connaître de nouvelles horreurs guerrières. Comment peut-on penser être à l'abri ? Rien n'est jamais acquis.

En ma qualité d'élue de la nation, ce n'est pas un cours d'histoire que je fais là. Oui je vous parle bien de cette année 2014.

Ce que je veux faire, c'est un appel à un patriotisme vrai, tolérant et ouvert, qui ne se fourvoie pas dans la haine et le repli sur soi.

Et très humblement, je rends hommage à toutes les femmes et tous les hommes courageux qui ont, au fil des siècles, défendu cette idée-là de la patrie, qui l'ont payé de leur vie et envers qui nous sommes tous redevables de vivre aujourd'hui en paix dans une Europe unie.

Vive la République. Vive la France.

(seul le prononcé fait foi)

 

 

*Alexis de Tocqueville, né le 29 juillet 1805 et mort le 16 avril 1859, est un philosophe politique, homme politique, historien, précurseur de la sociologie et écrivain français. Il est célèbre pour ses analyses de la Révolution française, de la démocratie américaine et de l'évolution des démocraties occidentales en général.

 

 

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