Véronique Massonneau rend un rapport sur l'hébergement d'urgence et l'accompagnement des gens du voyage

Véronique Massonneau était rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales, pour la prévention de l’exclusion et l’insertion des personnes vulnérables, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2015.
Voici ses principales observations à l'issue de ce travail.

Lire la suite

 

L'Assemblée nationale a voté, le 5 novembre, le budget alloué au programme 177 « Prévention de l'exclusion et insertion des personnes vulnérables », dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2015, en s'appuyant sur le rapport pour avis rédigé par Véronique Massonneau.

 

Ce rapport élaboré après consultation de nombreuses associations et structures spécialisées, concerne, dans sa première partie, les moyens dévolus à l'hébergement d'urgence, l'accès au logement et la prévention de l'exclusion. Dans sa seconde partie, il analyse plus précisément les politiques d'accompagnement des gens du voyage.

 

 

Véronique Massonneau met l'accent sur plusieurs points :

 

« Pour les personnes sans-abri, il importe de donner les moyens d'un véritable accompagnement social plutôt que de se concentrer uniquement sur la « mise à l'abri », nécessaire pour protéger les personnes ponctuellement du danger de la rue, mais insuffisant pour leur permettre une véritable réinsertion. L'État doit rééquilibrer les crédits destinés à financer des nuitées d'hôtel, coûteuses et qui n'apportent pas aux personnes de solution à moyen et long terme, en faveur d’investissements dans les centres d'hébergement de stabilisation et de réinsertion sociale (CHRS), qui sont à même d'accompagner les personnes vers un logement et une situation sociale plus stable. Enfin, je préconise d'inciter les bailleurs sociaux à accepter de louer à des personnes passées dans les CHRS pour qu'elles accèdent à un vrai logement. »

 

 

L'État participe au financement des aires d'accueil des gens du voyage dans le cadre de l'aide au logement temporaire, qui va faire l'objet d'une réforme de son mode d'attribution. Véronique Massonneau a souhaité faire le point sur ce dispositif et a étudié les moyens d'améliorer les politiques d'accompagnement des gens du voyage.

 

« La loi Besson du 5 juillet 2000, qui prévoit la création d'emplacements de séjour pour les gens du voyage dans les villes de plus de 5 000 habitants, n’est que trop partiellement mise en œuvre : près d’une place sur deux prévues par les schémas territoriaux d’accueil des gens du voyage est effectivement aménagée, dans des conditions assez variables en termes de qualité. Le gouvernement doit faire évoluer cette situation et faire appliquer la loi.

 

Aujourd’hui, dès lors qu’une commune possède une aire d’accueil sur son territoire, les crédits prévus à son fonctionnement lui sont versés, que l’aire soit occupée ou non. Cet automatisme va être revu en fonction du nombre de places occupées, afin d’inciter les collectivités à améliorer ces espaces dédiés, que ce soit en terme d’infrastructures ou du choix de leur emplacement. De plus, les éventuels trop perçus prévus au fonctionnement d’une aire d’accueil sous-occupée devraient être réalloués dorénavant au financement d’actions sociales menées par des associations trop souvent en difficultés financières. Ces acteurs de terrain mènent des missions qui me semblent essentielles et qu’il faut donc soutenir, comme l’accompagnement scolaire et d’alphabétisation de ces personnes encore trop souvent marginalisées. »

Consulter le rapport

 

 

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    catherine barrault (vendredi, 14 novembre 2014 19:14)

    Bonjour,
    D'abord bravo à Mme Massonneau pour ces engagements dans un débat politiquement peu porteur.
    Aujourd'hui les CHRS sont soumis comme tout le secteur medico social à des restrictions budgétaires significatives. Cela signifie que la politique de prévention est mise à mal pour des réponses curatives comme l'exemple des nuitees.
    Il est urgent de redonner du sens et des moyens à la politique sociale ce sera l'enjeu majeur
    des élections du mois de mars car l'action sociale restera comme on peut limaginer une
    compétence du département.