« Avec TAFTA, on donnerait les clés de nos vies quotidiennes aux multinationales »

Véronique Massonneau, députée de la Vienne, a reçu les élu-e-s des communes de sa circonscription, Naintré et Thuré, qui se sont déclarées « hors zone TAFTA et AECG » par vote de leur conseil municipal. Elle relayera et soutiendra ces démarches auprès du Président de République et de son Premier ministre, ainsi que de la Commission européenne. Dans les prochaines semaines, elle déposera également une question écrite sur le sujet à l'Assemblée nationale.

 

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« Des accords de libre-échange États-Unis/Europe (TAFTA) et Canada/Europe (AECG) sont en cours de négociation par la Commission européenne sans aucune transparence vis à vis des citoyens ni même des élus qui n'ont pas accès au contenu de la négociation.

 

Pourtant, chaque citoyen, chaque élu est concerné. Car ces projets d'accords de libre-échange visent à détricoter nos législations en matière d’environnement, d’alimentation, de santé, de libertés numériques, de services publics, mais aussi en matière de régulation de la finance, des produits chimiques et pharmaceutiques, considérées comme « des barrières non douanières » au libre-échange.

 

Cela touche les Etats, mais également toutes les collectivités territoriales et locales. Je suis très étonnée que certains élus locaux estiment qu'ils ne sont pas concernés : ils le sont forcément, donc soit ils sont pour ces accords de libre-échange, soit ils ne savent pas de quoi il s'agit et ils doivent s'informer !

 

 

Depuis une vingtaine d'années, avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), on constate que le politique a perdu du terrain face à un pouvoir économique et financier de plus en plus puissant. C'est l'une des raisons qui entraînent le désaveu de la politique par les citoyens.

 

 

Avec les projets d'accords de libre-échange qui se négocient actuellement, c'est la fin annoncée de toute tentative de régulation et de protection par les pouvoirs publics et les représentants élus démocratiquement. Toutes les lois, toutes les délibérations, tous nos choix de société peuvent être attaqués devant un tribunal privé si une grande entreprise juge que cela influe sur des bénéfices présents ou à venir. On donnerait les clés de nos vies quotidiennes au marché et aux multinationales. Je me refuse à envisager que les citoyens deviennent uniquement des consommateurs aveugles et muets.

 

 

Le conseil régional a déclaré la région Poitou-Charentes « hors Tafta » en juin dernier et je me félicite que des communes du Châtelleraudais comme Naintré et Thuré aient voté à leur tour des motions qui refusent que le marché décide pour nous et contre nous. J'invite les autres communes et collectivités à ouvrir la réflexion à ce sujet. »

 

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