Véronique Massonneau interroge le gouvernement sur la situation de l'industrie automobile

Le mercredi 16 avril 2014, Véronique Massonneau a interrogé le ministre de l'Economie et du Redressement productif lors de la séance de questions au gouvernement sur la situation industrielle en France. En rappelant les situations inquiétantes des entreprises du Nord-Vienne, Federal-Mogul et les Fonderies du Poitou Fonte, la députée écologiste a prôné la nécessaire transition industrielle du secteur automobile.

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Mutations industrielles dans le secteur automobile

M. le président. La parole est à Mme Véronique Massonneau, pour le groupe écologiste.

Mme Véronique Massonneau. Monsieur le ministre de l’économie et du redressement productif, l’industrie de l’automobile en France souffre de nombreuses difficultés, comme nous le rappelle chaque jour l’actualité. Dans mon département de la Vienne, deux entreprises illustrent ces difficultés. Les employés de Federal-Mogul, dernière entreprise de France à fabriquer des pistons de moteur, sont dans une incertitude absolue. La fermeture du site est déjà annoncée : c’est l’avenir de plus de 250 salariés que nous devons protéger. Les Fonderies du Poitou Fonte, qui réalisent des carters cylindres, accusent, quant à elles, 18 millions d’euros de pertes sur les quatre dernières années – un chiffre qui inquiète logiquement les 439 salariés du site qui s’interrogent sur l’avenir de la fonderie. Alors que l’automobile était l’un des piliers industriels du Nord-Vienne, la menace qui pèse sur presque 1 000 emplois n’est donc pas anodine. Ces deux exemples parmi tant d’autres illustrent parfaitement la crise industrielle que nous traversons : les deux entreprises travaillent sur des moteurs diesel et les services recherche et développement des deux entreprises sont les premiers touchés.

L’enjeu, monsieur le ministre, c’est la transition industrielle et notamment la transition du secteur automobile. Cela passe par la réunion des différents acteurs. Il faut mettre autour de la même table les salariés et leurs représentants syndicaux, les dirigeants d’entreprise, l’État et les collectivités locales. Il faut, en outre, mettre en œuvre une transition industrielle basée sur une diversification et une reconversion des sites en difficulté et sur une politique en faveur des énergies moins polluantes. Autrement dit, sortir du « tout diesel » et préserver la recherche. (Applaudissements sur les bancs du groupe écologiste.)Monsieur le ministre, pouvez-vous nous indiquer quelle politique vous comptez mettre en place afin de préserver notre industrie et quels moyens seront affectés à cette indispensable transition industrielle ? (Mêmes mouvements.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée du numérique.

Mme Axelle Lemairesecrétaire d’État chargée du numérique. Messieurs et mesdames les députés, je vous prie d’excuser l’absence d’Arnaud Montebourg ; retenu au Sénat, il m’a chargée de vous répondre. La compétitivité dans notre pays a baissé dangereusement depuis un certain nombre d’années…

M. Bernard Accoyer. Depuis les trente-cinq heures !

Mme Axelle Lemairesecrétaire d’État. …et les performances comparées de notre appareil productif conduisent à constater des défaillances sur notre territoire. Notre travail, avec Arnaud Montebourg, consiste à mener des politiques nationales pour restaurer cette compétitivité, en lien avec les assemblées parlementaires, et une politique au cas par cas, à chaque fois que cela est possible, à chaque fois qu’une entreprise présente des signes de défaillance, pour trouver des solutions avec l’ensemble des partenaires.

M. Bernard Roman. Très bien !

Mme Axelle Lemairesecrétaire d’État. Le Gouvernement remercie d’ailleurs les élus pour leur mobilisation sur ces dossiers ainsi que les syndicats et les sous-traitants locaux. C’est précisément pour faire face à ce type de situation qu’ont été instaurés des commissaires au redressement productif dans les régions. Concernant plus précisément le sous-traitant Federal-Mogul, (« Ah ! » sur les bancs du groupe UMP.)

M. François Rochebloine. On y vient !

Mme Axelle Lemairesecrétaire d’État. …qui se trouve à Chasseneuil et emploie près de 250 salariés, c’est une affaire difficile. (Mêmes mouvements.)Dans la sous-traitance automobile de rang 2 ou 3, nous constatons beaucoup de défaillances liées à l’absence d’investissements, à l’obsolescence des investissements réalisés ou, comme c’est le cas dans ce dossier, à des investissements qui ne se sont jamais réalisés.

M. Bernard Accoyer. Vous voulez tuer la voiture diesel !

Mme Axelle Lemairesecrétaire d’État. Nous avons besoin de nous réunir. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Le ministère conviendra rapidement d’un rendez-vous avec l’ensemble des partenaires. La transformation de notre industrie automobile est également une priorité du Gouvernement.(Applaudissements sur quelques bancs des groupes SRC et écologiste.)

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