Recherche sur les cellules souches embryonnaires : les réactions de la droite conservatrice sont effrayantes

Le Parlement a définitivement adopté le texte autorisant la recherche sur les cellules souches embryonnaires et les embryon humains, mardi 16 juillet, avec 314 voix «pour» et 223 voix «contre» lors du vote solennel à l'Assemblée nationale. Une décision soutenue par Véronique Massonneau, députée écologiste.

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Ce projet de loi permettrait une autorisation et une ouverture de la recherche sur les embryons et les cellules souches embryonnaires. Face à cette proposition, la droite conservatrice, la même qui était contre le mariage pour tous, a émis de nombreux recours, arguant que l’embryon est un être vivant en devenir. Leur réaction m’effraie, puisqu’elle signe un retour en arrière. Je suis donc assez surprise de leur attitude face à la simple libéralisation d’une pratique d’ores et déjà existante et approuvée par la droite en son temps.

Il y a eu une réelle volonté d’obstruction de la part de la droite face à cette loi. En mars, ils ont proposé des motions de procédures, ce qui a été assez folklorique. Nous n’avions d’ailleurs pas pu passer au stade suivant, et ils se sont relayés pour bloquer la procédure. Quand la loi est revenue sur le tapis la semaine dernière, la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la  Recherche, Geneviève Fioraso, a carrément demandé le recours au vote bloqué pour stopper toutes les discussions sur les amendements: 350 avaient été déposés - tous à peu près les mêmes puisqu’il n’y avait qu’un article. Elle a bien fait, même s’il est habituellement préférable de ne pas recourir à ce type de démarche. Ça a toute fois eu le mérite de suspendre toute discussion stérile.

 

"On ne fait pas de recherches sur les embryons en un claquement de doigt"

 

La droite n’a eu de cesse de mettre en avant le statut particulier de l’embryon. Mais les embryons choisis pour la recherche ont pour finalité leur destruction pure et simple. Dans ces circonstances, autant qu’ils servent parcimonieusement à la cause utile qu’est la science, pour soigner. Ces gens, qui défendent la vie et qui font obstruction à la recherche sur les embryons, ne voient pas les bienfaits que pourraient apporter de tels travaux. La vie d’individus pourrait justement en être améliorée. Un embryon n’est évidemment pas un sujet de recherche à prendre à la légère. En tant que mère et grand-mère, j’en suis consciente. Mais de là à assimiler un embryon à un foetus, comme l’avait fait le Fondation Jérôme Lejeune sur leurs cartes postales, il ne faut pas exagérer.

La loi actuelle est extrêmement encadrée. On ne fait pas de recherches sur les embryons en un claquement de doigt. Si d’autres méthodes et lieux de recherches existent, ils sont privilégiés. 173 autorisations de recherches sur les embryons ont été accordées jusqu’à présent, et ce chiffre ne va pas se démultiplier en acceptant ce projet de loi. Dans l’état actuelle des choses, ces recherches sont très encadrées et elles le resteront avec ce projet de loi, comme l’a rappelé Dominique Orliac, rapporteur de la loi.

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