La députée apprend vite !

 

 

 

Face à la presse le 4 juillet 2013 au matin, Véronique Masonneau a échangé avec les journalistes sur divers sujets. Elle a pu démontrer tout le chemin parcouru depuis son élection et la maitrise de son nouveau rôle.

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En juin 2012, elle a ravi à Abelin la circonscription de Châtellerault-Loudun. La députée écologiste revient sur sa première année au Palais Bourbon.

 

Quand vous êtes arrivée à l'Assemblée nationale, vous avez dit que vous étiez en période d'apprentissage...


« On apprend tous les jours. J'ai beaucoup progressé. Déjà au niveau du fonctionnement de l'Assemblée, ça n'a plus de secrets pour moi ! Après, ce qui est important, c'est plus les relations avec les politiques, se faire un réseau, le poids qu'on a au sein d'une commisssion, les interventions, les auditions… Tout cela, ça vient très vite sinon vous êtes à la ramasse. Mais c'est passionnant. On prend des coups. Humainement, c'est compliqué parfois. Pour la famille, les amis… »

 

Vous avez été en première ligne sur des dossiers de société importants…


« Le mariage pour tous, je suis très contente car c'était très mal barré. La droite a fait une obstruction énorme. Mais c'était une loi d'égalité et ça a été un moment important de ma petite vie de parlementaire. La PMA (procréation médicalement assistée), c'est quand même un petit bémol. Cela aurait été bien d'avoir la loi complète.

 

 " L'Assemblée nationale est sclérosée "


C'est ce que je reproche un peu à ce gouvernement. Il commence par proposer un projet équilibré et il revient en arrière. »

 

Et sur le sujet de la fin de vie ?


« Là aussi, le débat a été confisqué. La société civile n'a pas du tout été entendue. J'ai participé à une audition ridicule où il n'y avait que des gens qui étaient contre. J'ai l'impression que ça va être difficile d'aller plus loin. Ce serait pourtant le moment : 90 % des Français y sont favorables. Je vais lutter de toutes mes forces pour qu'il y ait au moins le suicide assisté. C'est pour ça que j'ai déposé une proposition de loi sur la fin de vie, très modestement pour que ça soit un outil législatif. Ma loi, elle est équilibrée, elle est complète. J'ai remis le sujet sur la table pour que d'autres s'en emparent. »

 

Pour vous, l'Assemblée nationale est trop sclérosée ?


« Oui, l'Assemblée nationale est sclérosée. Il y a des gens qui sont là depuis trop longtemps et ils ont un fonctionnement d'habitude. Pourtant, on est 200 nouveaux députés mais ça ne suffit pas. C'est compliqué. Il y a très peu de sujets qui vont au-delà des clivages droite-gauche. »

 

Vous parlez du conservatisme ambiant, c'est valable aussi sur le cumul des mandats…


« Il y en a qui pensait que j'allais changer d'avis mais ce n'est pas le cas. 109 députés seulement ne cumulent pas. Moi, je suis pour un mandat unique et deux dans la durée. »

 

Les politiques locaux ne sont pas très courageux ou très clairs sur le sujet…


« J'avoue que je suis un peu surprise. D'où la difficulté d'être élu quand vous n'êtes pas en cumul des mandats. Moi, j'ai eu beaucoup de chance, je le reconnais. Ce n'est pas juste parce que j'ai été bonne, il y avait une lassitude par rapport à M. Abelin, par rapport au cumul des mandats… Il y avait une réaction de la population qui voulait quelqu'un de nouveau et pourquoi pas une femme. En fait, les mêmes confisquent des mandats qui pourraient être repris par d'autres. Ça favorise le conservatisme et l'inertie. Le cumul des mandats, il empêche le renouvellement des idées. »

 

Localement, certains vous font un procès en incompétence…


« J'ai beaucoup sillonné la circonscription. Je me suis rendue compte des difficultés économiques. Si pour M. Abelin, répondre aux difficultés c'est seulement débloquer des fonds… On est dans une période d'austérité. La droite, elle nous a laissé une dette énorme. Moi, je fais ce qui est à mon niveau. Écouter les gens et aller taper à la porte des ministres. »

 

 A chaud


Avec Delphine Batho, c'était " superficiel "


> L'éviction de la ministre ? « J'ai été d'abord surprise de l'entendre dire que son budget était mauvais. C'est quand même suicidaire. Après, je trouve que la manière dont elle a été limogée a été rude. Est-ce que c'est parce que c'est une femme ? Deux ministres de l'Écologie en un an et qui, plus est, deux femmes, ça m'a quand même un peu énervée. Avec Delphine, on avait une relation superficielle. On avait quand même quelques difficultés pour obtenir des rendez-vous […] C'est vrai, on est un peu déçu du bilan de Delphine Batho. Cela dit, l'écologie n'est pas prise au sérieux dans ce gouvernement. Ils n'ont pas compris toute l'étendue du projet qu'on défend. »


> La position des écologistes ? « J'y étais (mardi soir NDLR). J'étais dans la ligne. C'est très, très majoritaire. Si on quitte le gouvernement, qui va défendre nos idées ? La lâcheté, ce serait de partir maintenant. Claquer la porte mais pour quoi faire ? Le travail qu'effectuent les écologistes, il a une vraie portée. 670 amendements ont été déposés au Parlement. Il y en a 62 qui ont été adoptés. »


> Le successeur Philippe Martin ? « Il a une très bonne réputation. Il a beaucoup lutté contre les OGM et contre le gaz de schiste. Par contre, on est un peu déçu du rapport qu'il avait fait sur la gestion de l'eau pour le Premier ministre. J'attends de voir »

 

A savoir


Elle ne sera pas sur la liste de Michel Guérin

Véronique Massonneau l'assure : elle ne figurera pas sur une liste pour les municipales, même symboliquement, fidèle à son dogme du non-cumul. Michel Guérin, candidat socialiste à Châtellerault, avait pourtant laissé entendre le contraire dans une récente interview. « Je vais prendre part à la campagne mais d'une autre manière […] Michel Guérin m'en a beaucoup parlé. Les socialistes m'ont donné un coup de main pour les législatives. Michel a mis beaucoup de temps à penser que ma candidature était intéressante. Il le sait. » Y aurait-il un malaise ? « Je l'apprécie et je pense qu'il fera un excellent maire. Je serai plus utile en allant à ses meetings, en défendant son projet et le nôtre aussi, qu'en étant en queue de liste ». Pour autant, la participation des écologistes à une liste Guérin n'est pas complètement réglée. « J'y suis favorable mais le groupe (local des Verts) décidera. Pour ma part, j'ai encore en mémoire la défaite de 2008. Il faut partir en rangs serrés ».
Municipales toujours, la députée annonce la présence d'une liste socialiste, à laquelle « les Verts s'associeront, à Naintré… contre le maire Christian Michaud qui, dixit, « est exclu du Parti socialiste ». Elle a été élue un temps à Naintré.
Enfin, elle dit croire en la candidature de son suppléant Pierre Lantier à Loudun « qui est en train de constituer une liste de gauche ».

 

Elle a dit


" M. Abelin, il me fait sourire ".

Questionné sur la députée, le maire de Châtellerault regrettait récemment de ne pas avoir eu de rendez-vous. Réponse de l'intéressée. « M. Abelin, il me fait sourire. Forcément, pour lui, c'est difficile d'avaler sa défaite. Il serait intéressant qu'il m'invite aux événements. Pour l'instant, je ne suis invitée qu'aux commémorations. Je vais le convier à un rendez-vous puisque lui ne l'a pas fait. »
Véronique Massonneau a un peu de mal à avaler, de son côté, les critiques d'Abelin mais aussi celles du maire de Naintré Christian Michaud sur son absence supposée de bilan après un an de mandat. « Sans doute, je peux encore progresser. Sans doute Abelin a eu les réseaux suffisants pour obtenir des crédits. S'il y avait une chose à retenir pour ma première année mandat, c'est le dialogue. Ce que ne font pas Abelin et Michaud. »

économie" 

 

"J'ai saisi Hamon et Montebourg "

Dans le domaine économique, la députée maîtrise les dossiers. Sans doute mieux que pendant la campagne des législatives. Elle l'a montré en tout cas, hier matin, en évoquant la situation des fonderies d'Ingrandes, de la Coop Atlantique. Et de Rotoméga, une imprimerie naintréenne, vouée à la fermeture. Le cas Rotoméga lui a d'ailleurs valu cette phrase : « J'ai saisi Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Bon lui, j'ai compris que ce n'était pas la peine, pour 25 licenciements… »


La députée et le roi des Belges


Nul n'ignore que Véronique Massonneau est Belge d'origine. La Belgique qui est en pleine actualité avec l'abdication du roi Albert II. L'événement, comment dire, ne l'émeut pas outre mesure. De son pays de naissance, où vit encore sa famille, elle conserve toutefois un vrai lien affectif : « La Belgique reste un modèle pour moi sur les sujets de société. Il y a une vraie différence entre le peuple belge et le peuple français. En France, il y a un vrai conservatisme. »