Du "laisser mourir" au "faire mourir"

 

 

 

Après l'avis en demi-teinte du Comité d'éthique rendu lundi, un débat public précédera un projet de loi sur la fin de vie. La promesse du candidat Hollande pourrait se concrétiser à la fin de l'année.

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Aujourd'hui, on meurt toujours mal en France. C'est la constatation mise en avant par Véronique Massonneau, députée (EELV) de la Vienne, en déposant, mi-juin, son projet de loi « visant à assurer aux patients en fin de vie le droit de mourir dans la dignité ». Elle y rappelait l'étude Maho (Mort à l'hôpital), publiée en 2008, selon laquelle les soignants considèrent que seulement 35% des décès s'y déroulent dans des conditions acceptables.

 

L'aide active fait toujours débat


« La solution serait de ne pas se contenter du "laisser mourir" autorisé par la loi de 2005, mais autoriser le "faire mourir", encore prohibé », poursuivait la députée.


Pas si simple. En témoigne l'avis en demi-teinte du Comité consultatif d'éthique (CCNE) rendu lundi, divisé sur l'autorisation de « l'aide à mourir active ».

La majorité des membres se sont dits défavorables à légaliser l'assistance au suicide et l'euthanasie, jugeant que cette aide pourrait être perçue par des personnes vulnérables comme un risque d'être abandonnées ou de voir leur vie abrégée contre leur gré. Huit des quarante membres pensent au contraire que cette distinction entre l'aide active et passive est dépassée dans les faits, seule se posant la question de savoir « pour quelles raisons certaines formes de "demande d'aide à mettre un terme à sa vie" seraient autorisées alors que d'autres ne pourraient pas l'être ».


A défaut d'unanimité sur ce point, les membres du Comité se sont accordés sur « le respect du droit de la personne en fin de vie à une sédation profonde jusqu'au décès si elle en fait la demande lorsque les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande ». Autre point important, l'avis souhaite que « le respect des directives anticipées » de fin de vie émises par un patient atteint d'une maladie grave, rédigées en présence d'un médecin traitant, devienne « obligatoire » pour les soignants « sauf exception dûment justifiée par écrit ». Actuellement, elles sont considérées comme des souhaits, les décisions étant prises par les médecins.


Autant de propositions qui seront discutées lors du débat public que François Hollande va mettre en oeuvre, sur l'avis du CCNE. Le président de la République, qui avait promis un projet de loi durant la campagne sur ce sujet hautement sensible, avance prudemment, même s'il a annoncé lundi qu'il y aura « sans doute à la fin de l'année, un projet de loi ».

 

Le projet de loi déposé par la députée Véronique Massoneau et plusieurs de ses collègues écologistes prévoit notamment que les personnes « en phase avancée ou terminale », atteintes d'une affection qu'elles jugent insupportable, puissent demander à bénéficier « d'une aide active à mourir ou d'un suicide médicalement assisté », et que le décès qui en résulte soit réputé « mort naturelle ».

 

 

Réactions

 

Pour Véronique Massonneau, « le CCNE apparaît toujours très en retard sur la société française » en « s'opposant à toute évolution de la loi sur le choix de sa fin de vie », même s'il avance sur le respect des directives anticipées des malades. « Le comité national d'éthique a rendu un avis consultatif, c'est désormais à la société tout entière de se saisir du sujet », insiste la députée de la Vienne.

 

Le député UMP Jean Leonetti, auteur d'une loi sur la fin de vie en 2005, s'est déclaré pour sa part « satisfait » de l'avis émis, approuvant les réticences émises par le CCNE face au suicide assisté. Il se félicite que le Comité aille « dans le même sens que la proposition de loi », qu'il avait « déposée en mars 2013 » pour compléter sa propre loi de 2005 et « renforcer les droits des patients en fin de vie, en particulier en ce qui concerne la sédation en phase terminale et l'amélioration des directives anticipées ».

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Commentaires : 1
  • #1

    CLEMENT Renée (lundi, 19 janvier 2015 14:14)

    Je suis militante de l'ADMD et je demande une loi pour l'aide active à mourir et le suicide assisté je veux mourir librement
    je soutiens votre combat