Présentation en conférence de presse de la Proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité

Mercredi 19 juin, Véronique Massonneau présentait à la presse sa proposition de loi "visant à assurer à chaque patient en fin de vie le droit de mourir dans la dignité", en présence de Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et de Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste de l'Assemblée nationale.

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Véronique Massonneau a commencé par rappeler sa fierté de présenter ce qui est sa première proposition de loi, sur un sujet qui lui tient particulièrement à coeur en raison de son histoire personnelle.

La députée écologiste a ensuite expliqué les objectifs de cette proposition de loi (PPL). Il s'agit en premier lieu d'une bataille d'idées car il risque d'y avoir encore beaucoup d'oppositions sur ce sujet, comme pour le mariage pour tous. "L'important est déminer un certain nombre de fantasmes, ce que l'on n'a pas toujours réussi avec le mariage" a-t-elle précisé.

En second lieu, l'objectif est de créer une boîte à outils législatifs pour le gouvernement et la majorité. Libre à chacun de s'en saisir ou de s'en inspirer, pour des amendements sur le futur projet de loi gouvernemental, par exemple. Véronique Massonneau a ainsi rappelé que "le Parlement n'est pas qu'une chambre d'enregistrement, mais également un lieu d'initiatives". Et de préciser, après avoir évoqué les souvenirs des débats houleux sur le mariage pour tous : "il est toujours préférable de préparer et d'anticiper plutôt que de réparer ou de réagir". Faire de la pédagogie, somme toute.

En dernier lieu, il s'agit de mettre une pression symbolique sur le Président, le gouvernement et la majorité. L'engagement 21 de François Hollande visait à mettre en place une législation assurant à chacun le droit de mourir dans la dignité. Or, depuis la remise du rapport Sicard le 18 décembre 2012, aucune avancée. Le Comité consultatif national d'éthique repousse sans cesse le rendu de son avis sur le sujet et des Etats généraux sont prévus à l'automne. Si l'on ajoute les élections municipales et européennes de 2014, le risque de voir le projet de loi retardé, repoussé à 2015 semble assez fort. Aussi, "les écologistes se tiennent prêts" à privilégier l'initiative parlementaire, c'est également l'objet de cette proposition de loi. Véronique Massonneau précise ainsi : "Il est inenvisageable que la situation des personnes en souffrance soit tributaire d'un calendrier électoral".

Jean-Luc Romero a ensuite pris la parole pour saluer "la proposition de loi la plus complète" sur ce sujet. Il a également rappelé que cette loi concernerait 100 % des Français, confrontés à cette problématique pour eux-mêmes ou pour leurs proches. La loi actuelle ne résout que très peu de situations et on estime à 1 % les décès dus à l'aide active à mourir en France. Il faut donc sortir de la zone de non-droit et de l'hypocrisie autour de cette problématique.

Enfin, Barbara Pompili est intervenue pour expliquer la position des écologistes à ce sujet. Elle a ainsi rappelé que les députés écologistes avaient déposé une proposition de loi similaire il y a quelques années et qu'il s'agissait d'un combat de longue date des écolos. Elle a également appelé à "sortir de la caricature"  car les écologistes ne sont "pas opposés aux soins palliatifs". Elle a, enfin, précisé que cette proposition de loi "[avait] toute légitimé à rentrer dans la niche parlementaire écolo". C'est tout ce qu'on lui souhaite !

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