Fin de vie : la volonté d'aller rapidement plus loin que la législation actuelle

La conférence de presse du 19 juin 2013 de Véronique Massonneau aura eu des échos jusqu'en Alsace où un article est paru dans la presse régionale.

L'article insiste sur la volonté d'aller plus loin que la loi Leonetti actuelle, insatisfaisante sur bien des points.

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Fin de vie : le débat relancé

 

Les députés écologistes poussent à légiférer rapidement sur ce sujet très sensible qui n’est plus inscrit à l’agenda du Parlement. Le comité d’éthique doit se prononcer dans les prochains jours.

 

Les Verts veulent relancer le débat sur l’euthanasie. Les députés écologistes viennent de déposer une proposition de loi autorisant l’« aide active à mourir et le suicide médicalement assisté ».

Le texte a peu de chances d’être adopté mais vise à «mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il légifère rapidement», explique son auteur Véronique Massoneau, élue de la Vienne. Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait promis de proposer « une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », allant plus loin que la loi Léonetti de 2005. Il était question d’un texte dans le courant de l’année 2013. Mais depuis les débats extrêmement tendus autour du mariage homosexuel, l’exécutif n’a pas très envie d’ouvrir un nouveau dossier ultrasensible.

 

Avis du comité d’éthique

 

Après les conclusions de la mission confiée au professeur Didier Sicard, le président de la République a saisi le comité national consultatif d’éthique. Il doit se prononcer fin juin – début juillet sur trois pistes : une réforme des « directives anticipées » (volontés exprimées par les patients à l’avance), la manière de rendre les derniers instants « plus dignes » et l’assistance au suicide.

Les Verts vont plus loin. Ils veulent non seulement légaliser le suicide assisté (on donne un produit au malade ou à son entourage pour qu’il mette fin à ses jours) mais aussi l’euthanasie (c’est le médecin qui administre le produit conduisant à la mort). Véronique Massoneau connaît bien le sujet. D’origine belge, elle a eu recours à la loi de ce pays autorisant l’euthanasie active pour mettre un terme aux souffrances de son père.

 

Autoriser à « faire mourir »

 

« Avec notre texte, nous voulons faire de la pédagogie », plaide-t-elle. « La loi Léonetti a ouvert une brèche, en développant les soins palliatifs et en réduisant l’acharnement thérapeutique. Mais elle ne va pas assez loin. Elle autorise un arrêt des soins, de l’hydratation et de l’alimentation artificielle. Souvent, la mort n’intervient pas dans les conditions apaisées qu’aurait désirées la personne. » Fin avril, le député UMP Jean Léonetti, a proposé d’améliorer son propre texte en autorisant l’administration d’une « sédation en phase terminale » pour permettre au patient de « dormir avant de mourir ». Pas suffisant pour les Verts qui estiment qu’il faut passer du « laisser mourir » au « faire mourir ». Pour Véronique Massoneau, il s’agit d’encadrer des pratiques qui existent déjà. « Des milliers d’euthanasies sont pratiquées en France, observe-t-elle, la loi doit permettre de sécuriser les familles. » Un débat complexe qui ne sera pas tranché avant 2014.

 

par Élodie Bécu

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