Fin de vie : réouvrir le débat

 

Suite à la conférence de presse du mercredi 19 juin, organisée par Véronique Massonneau à l'occasion du dépôt de sa proposition de loi visant à assurer aux patients en fin de vie le droit de mourir dans la dignité, L'Express. fr a publié un article rappelant la détermination de la députée Écologiste de la Vienne à porter ce débat essentiel sur le devant de la scène en refusant que des considérations électorales empêchent son étude.

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Après le mariage pour tous, les écolos veulent s'attaquer à l'euthanasie

 

Par Alice Cazin, publié le 20/06/2013 à 11:06


Les députés écologistes ont rouvert mercredi le débat sur l'euthanasie en présentant à la presse une proposition de loi pour légaliser le "droit de mourir dans la dignité". Et qu'importe si François Hollande freine des quatre fers. 

 

Les Verts veulent relancer le débat sur l'euthanasie. Et passer du "laisser mourir" au "faire mourir". Pour cela il vont devoir se battre, "mettre la pression au gouvernement pour qu'il légifère plus rapidement", explique Véronique Massoneauélue de la Vienne qui porte le texte. L'engagement 21 du président de la République qui propose "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" est certes sur les rails mais son aboutissement apparaît de plus en plus incertain. Annoncée en 2013, la loi ne viendra probablement pas en discussion avant début 2014.  

 

Un engagement à tenir

 

François Hollande lors de sa campagne présidentielle avait promis une loi sur le suicide assisté. Après les conclusions de la mission confiée au docteur Sicard, le président de la République avait saisi le Comité national consultatif d'éthique. Il doit se prononcer fin juin, début juillet sur trois pistes: une réforme des "directives anticipées" (volontés exprimées par les patients à l'avance), la manière de rendre les derniers instants "plus dignes" et l'assistance au suicide.  

Mais, les Verts veulent aller plus loin. Ils veulent non seulement donner un accès universel aux soins palliatifs, légaliser le suicide assisté mais aussi l'euthanasie. Véronique Massoneau connait bien ce sujet. D'origine belge, elle a eu recours à la loi de ce pays autorisant l'euthanasie active pour mettre un terme aux souffrances de son père.  

Pourtant, après le débat extrêmement houleux autour du mariage homosexuel, l'exécutif rechigne à ouvrir un nouveau front. L'examen d'un tel projet de loi attendrait donc le premier semestre 2014, selon Le Monde qui cite un conseiller de l'Elysée: "Le climat doit être apaisé pour que l'on puisse aborder de telles questions."  

"Le débat sur le mariage pour tous m'a appris quelque chose: on prépare et on anticipe, plutôt que de réagir et de réparer", assure Véronique Massonneau avant d'ajouter: "L'exécutif a peur, ils retardent au maximum le projet de loi pour assurer les municipales 2014." 

 

Etre prêts

 

Le calendrier électoral des prochaines années ne devrait pas l'inciter à l'optimisme. Car, après les municipales, il y aura les européennes la même année, puis les scrutins locaux de 2015. "Il n'est pas envisageable à mes yeux que les attentes des malades, de leurs familles et des soignants soient tributaires des aléas du calendrier électoral. Notre proposition est prête, il ne faut pas attendre", plaide toutefois Véronique Massonneau. 

La solution? Faire pression sur le gouvernement. "Nous avons le courage de prendre cette décision. Les Verts qui soutiennent l'action de Véronique Massonneau feront pression pour mettre ce sujet à l'ordre du jour ou du moins la proposer dans leur prochaine niche parlementaire", explique Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste à l'Assemblée Nationale.  

Rien n'est pourtant joué. Car, même dans le cadre d'une journée parlementaire réservée aux écolos, ce texte a très peu de chances de passer. Véronique Massoneau le sait: "De toute façon, débattre d'un tel sujet en une journée, ce serait forcément bâcler les choses."

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