Chasse à courre : ma mise au point

 

A la suite de l'annonce du retrait de ma signature de la proposition de loi de ma collègue Barbara Pompili visant à interdire la pratique de la chasse à courre, j'ai reçu de nombreux messages s'interrogeant ou s'offusquant de ma position. Je souhaite m'en expliquer.

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Je prends connaissance des nombreux messages qui m’ont été adressés suite à l’article paru dans la Nouvelle République ce lundi et expliquant le retrait de ma signature d’une proposition de loi visant à interdire la chasse à courre.

Nombre de ces mails sont particulièrement insultants, certains m’imaginant déjà comme « gibier de chasse » ! Tant de violence au nom de la « non-violence », voilà qui est troublant…

 

Ces invectives démontrent la grande difficulté d’instaurer une concertation sur le sujet. Bien sûr, la chasse à courre dans son acception aristocratique et cruelle a des effets néfastes tant sur la faune que sur la quiétude de nos campagnes. Mais je dois constater que la proposition conduisant à interdire une pratique de la chasse n'est pas forcément celle que le sens commun désigne. Si nous voulons réellement encadrer cette pratique, le dialogue est la clé d’une avancée significative.

Dans ma région et mon département, cette chasse « à chiens courants » est avant tout populaire et sportive, pratiquée à pied, surtout par les membres des associations de chasse. Ces associations sont une composante de la ruralité et j'ai à cœur de prendre en compte la réalité, y compris pour l’encadrer et la faire évoluer, sans jugement préconçu. Le dialogue est, en ce sens, la clé.

 

J'ai ainsi engagé depuis le début de mandat un travail de fond avec la fédération des associations de chasseurs, sur des sujets comme le maintien de la biodiversité, la replantation de haies, la gestion des  prélèvements, la limitation des intrants en agriculture et la lutte contre les chasses privées.

 

Je ne souhaite pas rompre le dialogue et compromettre ce travail. Rien, ni dans mes valeurs ni dans mes pratiques, ne fait de moi une adepte de la chasse, mais je pense qu'il y a plus à faire par le dialogue que dans l'affrontement. L'opposition entre écologistes et chasseurs me semble par trop caricaturale, voire dogmatique, alors qu'il y a beaucoup de sujets où nous pouvons avancer ensemble, pour la préservation de l'environnement. Ma démarche est la même avec les fédérations de pêche, qui ont autant à cœur que les écologistes de préserver les cours d'eau.

 

 

J’espère que cette mise au point sera utile à la bonne compréhension de cet épisode.

Députée écologiste, j'agis en pleine liberté d'esprit, sans me soucier des pressions d'où qu'elles viennent. Je revendique le droit de discuter avec tous, même avec ceux avec qui je ne suis pas d'accord. J'assume de ne pas rentrer dans le moule, de n'être pas figée sur des certitudes et de garder intactes les valeurs de dialogue et de tolérance qui m’ont amenée à m’engager en politique.

 

      Véronique Massonneau

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