Reconnaitre le rôle essentiel des espaces de rencontre

 

Véronique Massonneau a interpellé le 28 mai 2013, via une question écrite, Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargé de la Famille, sur la situation des espaces de rencontre. Ces lieux, essentiels aux familles vivant un divorce difficile, sont en effet menacés par des difficultés financières sérieuses.

Texte de la question :

 

Mme Véronique Massonneau attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée de la famille, sur le rôle essentiel joué par les espaces de rencontre, et leur nécessaire inscription dans la convention d'objectifs et de gestion, en cours de négociation entre la caisse nationale des allocations familiales et la direction générale de la cohésion sociale. 

En effet, dans des séparations conflictuelles, les espaces de rencontre permettent, de manière transitoire, le maintien ou la reprise de la relation entre l'enfant et le parent chez lequel il ne vit pas. Ils apportent de plus un cadre sécurisant avec l'accompagnement de professionnels. Ces espaces, au nombre de 180, existent depuis 20 ans et ont accueilli, en 2011, plus de 14 000 enfants. Leur utilité est avérée, la loi du 7 mars 2007 a reconnu celle-ci par le décret d'application du 15 octobre 2012 du ministère des affaires sociales et de la santé ainsi que par celui du 27 novembre 2012 du ministère de la justice.

Dans le même temps, les espaces de rencontre sont pour beaucoup en situation de précarité financière et, pour certains, en situation critique.

C'est la raison pour laquelle elle lui demande de bien vouloir porter à sa connaissance les mesures qu'elle compte prendre pour assurer la pérennité des espaces de rencontres, maillons essentiels du retour à la normalité familiale après une séparation conflictuelle.

 

Texte de la réponse :

 

 

Les conditions d'exercice du rôle de parents ayant fortement évolué, le renforcement du soutien à la parentalité constitue une priorité pour le Gouvernement et la branche famille. C'est pourquoi le soutien à la fonction parentale est un axe majeur de la convention d'objectifs et de gestion (COG) entre l'Etat et la caisse nationale des allocations familiales (CNAF) signée le 16 juillet 2013 pour la période 2013-2017. Les espaces de rencontre s'inscrivent dans ce cadre : ils visent à faciliter l'exercice de l'autorité parentalité, à prévenir la rupture des liens, voire à aider à leur rétablissement dans les situations de divorce ou de séparation conflictuelle. La loi n° 2007-293 du 5 mars 2007 réformant la protection de l'enfance a inscrit les espaces de rencontre dans le code civil en introduisant explicitement la possibilité pour le juge aux affaires familiales d'organiser un droit de visite au sein de ces lieux. Les espaces de rencontre sont définis comme des lieux d'accueil pour le maintien ou le rétablissement des liens entre les enfants et leurs parents séparés et complètent les dispositifs destinés à soutenir les parents et à les accompagner, notamment en cas de rupture. Le ministère de la justice et le ministère des affaires sociales et de la santé ont précisé les modalités de fonctionnement et de contrôle de ces structures par un décret du 15 octobre 2012 complété par un arrêté du 28 juin 2013. L'application de ces textes a été précisée par circulaire du 28 juin 2013. Le financement des espaces de rencontre est assuré aujourd'hui par plusieurs acteurs. Ainsi, les caisses d'allocations familiales (CAF) ont contribué en 2011 à ce financement à hauteur de 2 139 219 €. Les collectivités territoriales, notamment les conseils généraux, ont également versé des subventions, qui représentent la plupart du temps près d'un quart du budget d'un espace de rencontre. L'Etat a également participé au financement de ces structures : le programme 101 « accès au droit et à la justice » porté par le ministère de la justice pour un montant de 1,5 million d'euros par an, et, dans le 3e plan de lutte contre les violences faites aux femmes 2011-2013, le programme 137 « égalité entre les femmes et les hommes » pour un montant de 990 520 € pour 2012. Le Gouvernement a décidé de réformer de la gouvernance du soutien à la parentalité et de doubler, entre 2012 et 2017, les moyens de la branche famille affectés à cette politique. Ces évolutions s'accompagnent d'une mesure de simplification visant à éviter des financements croisés qui accroissent les coûts de gestion des mesures et imposent fréquemment des délais d'intervention allongés par la coordination entre co-financeurs. La branche famille devient ainsi l'acteur principal en matière de soutien à la parentalité. En conséquence, la COG Etat-CNAF pour la période 2013-2017 prévoit de développer l'offre d'espaces de rencontres et de mettre en place un financement national structuré. A compter de 2015, il prendra la forme d'une prestation de service dédiée. Cette solution permettra de pérenniser et d'augmenter les financements consacrés au développement des espaces rencontres.