Article du JDD : "PMA et GPA au cœur de l'hémicycle"

 

"Vous continuez à faire un autre débat que le débat." Les propos viennent de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Lors des questions au gouvernement mardi, les députés de l'opposition ont une nouvelle fois demandé des précisions sur le positionnement de l'exécutif concernant les dossiers de la procréation médicalement assistée (PMA) et sur la gestation pour autrui (GPA).

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Les jours passent et se ressemblent à l'Assemblée nationale. Mardi, lors des questions au gouvernement, les ministres ont une nouvelle fois été interrogés sur la procréation médicalement assistée (PMA) et sur la gestation pour autrui (GPA), qui ne figurent pas dans le projet de loi actuellement examiné dans l'hémicycle. C'est le député UDI Jean-Christophe Fromantin qui a ouvert le bal demandant un "éclaircissement nécessaire" sur ces questions. "La position du gouvernement est très précise et hostile à la GPA. Il n'y a rien dans ce texte, ni dans aucun autre texte à venir", a répondu le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. Quant à la PMA, elle sera traitée dans "une loi famille qui ne viendra qu'à la fin de l'année après avoir eu connaissance de l'avis du comité national d'éthique", a-t-il ajouté, récusant toutes divergences dans la majorité.

Dans la foulée, suite à une intervention de Véronique Massonneau (EELV), la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a réaffirmé ce que son collègue "a reconfirmé une énième fois". "La majorité et le gouvernement sont solides et solidaires", a-t-elle assuré. Interpellée par le député Xavier Breton (UMP), Christiane Taubira est également montée au créneau pour défendre le projet de loi sur le mariage pour tous. "Vous êtes dans une logique de droit à l'enfant et vous niez les droits à l'enfant", a lancé l'élu de l'opposition, exhortant le gouvernement  à arrêter de "diviser les Français". Des propos sur la PMA et la GPA jugés "hors sujet" par la Garde des Sceaux. "Vous continuez à faire un autre débat que le débat", a-t-elle ajouté, tout en indiquant que les parlementaires britanniques - parmi lesquels "vos amis, les conservateurs" - sont en train de légiférer sur le mariage homosexuel.

Un "encouragement au tourisme reproductif"

Dans une deuxième intervention, la ministre de la Justice a ironisé sur l'attitude de son interlocuteur Philippe Gosselin (UMP), qui voit dans la circulaire Taubira un "encouragement au tourisme reproductif" et une "prime à la violation de la loi française". "Vous êtes particulièrement assidu dans nos travaux, vous avez entendu la douzaine de fois où j'ai expliqué que cette circulaire n'ouvre rien sur la GPA, n'attribue pas la nationalité, mais rappelle simplement que lorsque la nationalité est établie, le certificat de nationalité doit être délivrée", a déclaré la Garde des Sceaux. "Le gouvernement ne tolérera pas la moindre éraflure sur le principe d'indisponibilité du corps humain", a-t-elle ajouté, rappelant que certains sénateurs UMP avaient signé en janvier 2010 une proposition de loi favorable à la GPA.  

 

Si les échanges ont été vifs entre les parlementaires de tous bords depuis le début de l'examen du texte, Christiane Taubira a tenu à souligner "la bonne tenue" des débats et à saluer "la qualité du travail fourni par les députés de l'opposition".

Le gouvernement a également été interrogé sur le Mali, les rythmes scolaires ou encore les plans sociaux. "Des milliers de personnes perdent leur travail, c'est la seule urgence du pays", a lancé le député Sylvain Berrios (UMP). Le mariage pour tous, "est-ce une urgence?", s'est interrogé l'élu du Val-de-Marne. "Non", a-t-il répondu, repris en chœur par ses collègues de l'opposition, qui pour certains souhaitaient mettre en avant d'autres priorités, notamment économiques. De quoi faire réagir les socialistes présents dans l'hémicycle, à l'image du rapporteur du texte Erwann Binet.

"Je n'ai jamais bien saisi comment on pouvait opposer lois sociales et loi sociétales. Toutes les avancées sociétales se sont faites conjointement avec les avancées sociales", a alors répondu la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, interpellé par Sylvain Berrios. Avant de conclure : "La première des divisions est celle qui visent à maintenir des inégalités."

Anne-Charlotte Dusseaulx - leJDD.fr

mardi 05 février 2013

 

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