Les premiers pas...

    Au terme d’une campagne qui ne fut pas de tout repos, le 17 juin 2012, à 20h15, c’est mon concurrent, Jean-Pierre Abelin, qui m’apprend que je suis élue avec 560 voix d’avance. Après avoir fait face à un socialiste dissident et à un député sortant en place depuis 20 ans, j’ai donc réussi à accéder au Palais Bourbon. Je profite de ces lignes pour remercier mon suppléant socialiste Pierre Lantier, toute mon équipe de campagne, ainsi que les militants écolos mais également socialistes. Ils ont tous été formidables et sans eux, rien n’aurait été possible. Et, bien sûr, merci à tous ceux qui ont voté pour moi !

    A l’annonce du résultat, je suis à la fois incrédule, heureuse, soulagée, surprise.  A peine le temps de réaliser ce qui m’arrive que je dois me rendre à Paris pour la pré-rentrée parlementaire, le mardi 19 juin. Je débute alors mon parcours initiatique dans les couloirs de l'Assemblée nationale où les nombreux huissiers m'accompagnent pour éviter de perdre du temps et de me perdre tout court... Je repars avec ma valise, mon écharpe, mon baromètre et le sentiment d'endosser une très lourde responsabilité.

    Mes premières impressions, mes premières pensées, en rentrant dans l'hémicycle, sont tournées vers le poids de l'Histoire et des grandes batailles menées pour faire vivre la démocratie, un certain formalisme et des codes à respecter un peu désuets, le faste du lieu et les "ors" de la République.

Néanmoins, je n’ai pas le temps de m’émerveiller davantage car la session extraordinaire débute par l’examen de deux textes très importants : la loi de finances rectificative pour 2012 et le projet de loi relatif au harcèlement sexuel.

    Concernant le premier, au-delà de son sens symbolique pour le nouveau gouvernement, il permet la suppression du projet de TVA sociale et la fin des heures sup’ défiscalisées, montrant ainsi une réelle volonté de tourner la page du Sarkozysme. Outre le fond du texte, les discussions en séance sont marquées par la volonté de l’opposition de faire durer le débat le plus longtemps possible. Pour ce faire, tous les coups sont permis : mauvaise foi, rappels au règlement intempestifs voire surréalistes (Christian Jacob qui demande une séance supplémentaire de Questions au gouvernement en plein milieu de la Discussion générale de la loi de finances…), chahuts et invectives… Ainsi, le vote du texte n’a lieu que dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 juillet à plus de 5h du matin. Une jolie entrée en matière pour tous les nouveaux députés ! Moi qui croyais le bizutage proscrit…

    Le projet de loi relatif au harcèlement sexuel, quant à lui, nous offre une perspective des débats parlementaires diamétralement opposée. Pas d’invectives, pas de tentatives de prolonger la discussion. Le sujet est trop grave pour passer par la cour de récréation. Ainsi, ce texte est l’occasion d’un vrai travail collectif, au-delà de tous les clivages politiques, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée. A titre personnel, j’ai, en outre, l’opportunité d’intervenir lors de la Discussion générale. Une expérience extraordinaire puisqu’il s’agit de ma première intervention dans l’hémicycle. Le plus dur est de trouver un rythme vocal adapté pour respecter le temps imparti (5 minutes en ce qui me concerne) sans parler trop vite. Mes collègues me rassurent en me disant que ce n’est qu’une question d’habitude et que cela vient rapidement avec les interventions. J’attends donc la prochaine avec impatience.

    Après cela, les autres textes programmés à l’agenda parlementaire s’enchainent, tout comme les séances de questions au gouvernement, jusqu’à ce mardi 31 juillet, date de clôture de la session extraordinaire. Un peu de vacances pour enfin réaliser, et se reposer afin d’être opérationnelle dès la rentrée parlementaire avec, en ligne de mire, le projet de loi de finances pour 2013 et la loi de financement de la sécurité sociale notamment, ou bien encore le "mariage pour tous". Toutefois, avant cela, il y aura, pour les écologistes, les journées d’été à Poitiers du 21 au 24 août. Le rendez-vous annuel d’EE-LV dans mon département, quelques semaines après mon élection, voilà un bien beau clin d’œil du destin !

Et de quoi occuper mes vacances, en plus de chercher une permanence à Châtellerault pour rencontrer les habitants de ma circonscription.

 

Finalement, quand on est députée, on ne quitte jamais sa fonction mais après tout, c’est aussi pour cela qu’on se présente à une élection.

V.M.

Écrire commentaire

Commentaires : 0